Alors, dans le désordre, voilà ce que mes "autres yeux" ont vu les premiers jours à Sarrebruck :

  • Météo. Certes, il ne neige pas encore, mais avec 10°C, il fait assez froid par ici comparé aux 25°C quotidiens à Bangalore. Il va falloir ré-apprendre à me renseigner sur l'état météorologique de la journée et à mettre 3 couches de vêtements pour sortir de la maison.
  • Calme. Le premier matin, j'ai eu du mal à me convaincre que la journée avait commencé. Certes, rien que du point de vue du soleil, les journées commencent assez tard par ici fin octobre, mais il n'y a pas que ça. Il y a si peu de circulation par ici que j'ai eu l'impression que c'était un jour férié. Et pourtant, tous mes collègues étaient déjà arrivés au bureau quand je les ai rejoints...
  • Efficacité. En revenant d'une ville à 7 millions d'habitants où beaucoup de courses représentent un trajet en bus d'une heure, j'ai l'impression que mon quotidien est plus efficace par ici. Il y a 44 fois moins d'habitants et je peux quasiment tout atteindre en 5 minutes à pied.
  • Horaires. Me revoilà aussi dans un monde rythmé par des horaires. Je me retrouve à courir le matin pour attraper mon train, parce que le suivant n'arrive pas forcément juste quelques instants plus tard.
  • Isolation. Je suis frappé aussi par le détachement que les gens semblent avoir les uns par rapport aux autres. Je vois rarement des passants s'adresser la parole spontanément. Les gens semblent pressés, indifférents, rapides à s'impatienter, et peu enclins à attendre, à s'arrêter, à s'intéresser aux autres, à aider, à discuter ou à profiter de l'instant présent. Je me rappelle ces groupes d'hommes en Inde, au bord des routes, qui étaient simplement là.
  • Magasins. Je retrouve dans le quartier piéton de ma petite ville allemande les mêmes enseignes que je retrouverais dans quasiment toute autre ville du pays. Ces grandes chaînes, standardisées, me semblent avoir moins de caractère que les petites boutiques de quartier, présentes à tous les coins de rue dans les endroits où je suis passé. Mais elles présentent aussi l'avantage (?) d'afficher et d'appliquer les mêmes prix à tous leurs clients.

Dans l'ensemble, je suis de retour dans un monde dans lequel je suis "normal", où l'on attend de moi que je connaisse les règles, m'y tienne, et me débrouille tout seul.